Maroilles
Mercredi 19 septembre 2007
Le maroilles est le fromage du Nord le plus connu. Son origine est fort ancienne. Au VIIe siècle existait, dans le nord de la Gaule, le village de Maro l’Alo (Maroilles). Les auteurs divergent sur la signification de ce nom : « grande clairière des Gaulois », « joli jardin d’Hainault » ou « terre de Dieu et du soleil »… J’en déduis que c’était un endroit fertile où les vaches se nourrissaient d’une herbe abondante et donnaient un lait riche. L’abbaye bénédictine du lieu, fondée par saint Humbert, utilisait ce lait pour fabriquer des fromages. En 920, la charte de Charles III le Simple la rattacha à l’église de Cambrai. Puis l’évêque Enguerrand créa un marché ; grâce aux droits perçus et à sa générosité, il restaura l’abbaye, endommagée par les envahisseurs normands. Le maroilles était alors connu sous le nom de craquegnon ou merveille de Maroilles. Henri IV appréciait beaucoup ce fromage renommé, qu’il allait acheter lui-même 4 sous pièce quai de Bercy, à Paris.
Le maroilles a été le cinquième fromage à obtenir une AOC, dès 1955.
Dégustation
Le maroilles a un goût puissant et il sent fort, mais il est moelleux en bouche. La couleur rouge de sa croûte provient d’un ferment naturel (Bacteria linens, ou « ferment du rouge »), qui se développe au fil des lavages successifs à l’eau salée durant l’affinage. Sa puissance s’accorde avec un vin rouge corsé, mais sa saveur sera exaltée par une bière du Nord. Quant à la tarte au maroilles, elle est aussi délicieuse que facile à préparer : c’est une pâte à pain recouverte de maroilles et passée au four.