Le pont-l’Evêque est, avec le livarot, un des plus anciens fromages de Normandie. Tous deux affirment descendre de l’angelot cité au XIIIe siècle dans le Roman de la Rose.
Au XVIe siècle, les Normands parlaient indifféremment d’angelot ou d’augelot (du pays d’Auge). Le nom de pont-l’Evêque est apparu au début du XVIIe siècle, par référence à la petite ville où se tenait le marché sur lequel il était vendu. C’était alors un de ces solides fromages campagnards surtout consommés par les ouvriers, qui mangeaient peu de viande.
La diligence du chemin de fer
Comme tous les fromages normands, le pont-l’Evêque a connu un grand essor au XIXe siècle grâce au développement du chemin de fer. En 1800, il fallait deux ou trois jours à un Normand pour rejoindre Paris en diligence. Après la création des premières lignes de chemin de fer, cinq à six heures suffirent. On imagine le bénéfice que purent en tirer les producteurs de fromages et de beurre ! Il devint dès lors possible d’envoyer ces aliments fragiles beaucoup plus loin.
A la même époque, les Halles de Paris se mirent à vendre des camemberts, des livarots et des pont-l’Evêque. Classé « fromage de luxe », le pont-l’Evêque était surtout acheté pour les restaurants. En fait, hormis leur forme, ces trois fromages se ressemblaient. Ils étaient alors tous fabriqués avec le lait écrémé qui restait après le prélèvement de la crème destinée à faire le beurre. (Ils sont aujourd’hui réalisés avec du lait entier).
Dégustation
Au goût, le pont-l’Evêque est beaucoup plus doux que le livarot et le pavé d’Auge. Il a une saveur fruitée, et sa pâte est onctueuse. Quand vous l’achetez, le fromage doit être souple, et surtout pas trop sec.